La dinde et l’aigle : pour comprendre les enjeux du NGAD

La séquence était prévisible. Face à la décision du précédent gouvernement belge d’acquérir des avions de combat américains F-35 Lightning II pour un montant total de 3,8 milliards d’euros, les partis de l’actuelle opposition ont renouvelé l’expression de leur désaccord avec ce choix. À l’appui du mécontentement largement exprimé par le député humaniste George Dallemagne figurent des inquiétudes louables portant sur la question de savoir si, comme cela a été suggéré, les Etats-Unis « nous avait vendu une dinde pour financer leur aigle ».

Sans doute convient-il de préciser les éléments à l’appui de la sortie des partis d’opposition. Dans le courant du dernier été, l’U.S. Air Force a procédé à la conduite d’une campagne d’essais d’un démonstrateur technologique dans le cadre du programme Next-Generation Air Dominance (NGAD). Il ressort des analyses de la presse spécialisée que plusieurs indices permettent de supposer que l’entreprise Lockheed Martin, maître d’œuvre du programme F-35, soit également en charge du volet industriel du programme NGAD. La Belgique, à l’instar d’autres acquéreurs du F-35 auraient-ils été les victimes d’une supercherie ? En d’autres termes, les Etats-Unis et Lockheed Martin emploieraient les retombées financières des ventes à l’exportation de leur dernier intercepteur afin de budgétiser le développement d’un avion de combat dit de « sixième génération » qui surpasserait les capacités du F-35. La réalité est tout à la fois différente et plus complexe.

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