Comment puces et implants pourraient créer de super-soldats (mon interview pour la Libre Belgique)

Dans cet article de La Libre Belgique, le journaliste Clément Boileau revient avec moi sur la parution récente par le Comité éthique du Ministère français de la Défense d’un document relatif aux garde-fous devant entourer les futurs soldats augmentés. Vous pouvez lire cet article et les extraits de notre entretien en cliquant sur ce lien.

La dinde et l’aigle : pour comprendre les enjeux du NGAD

La séquence était prévisible. Face à la décision du précédent gouvernement belge d’acquérir des avions de combat américains F-35 Lightning II pour un montant total de 3,8 milliards d’euros, les partis de l’actuelle opposition ont renouvelé l’expression de leur désaccord avec ce choix. À l’appui du mécontentement largement exprimé par le député humaniste George Dallemagne figurent des inquiétudes louables portant sur la question de savoir si, comme cela a été suggéré, les Etats-Unis « nous avait vendu une dinde pour financer leur aigle ».

Sans doute convient-il de préciser les éléments à l’appui de la sortie des partis d’opposition. Dans le courant du dernier été, l’U.S. Air Force a procédé à la conduite d’une campagne d’essais d’un démonstrateur technologique dans le cadre du programme Next-Generation Air Dominance (NGAD). Il ressort des analyses de la presse spécialisée que plusieurs indices permettent de supposer que l’entreprise Lockheed Martin, maître d’œuvre du programme F-35, soit également en charge du volet industriel du programme NGAD. La Belgique, à l’instar d’autres acquéreurs du F-35 auraient-ils été les victimes d’une supercherie ? En d’autres termes, les Etats-Unis et Lockheed Martin emploieraient les retombées financières des ventes à l’exportation de leur dernier intercepteur afin de budgétiser le développement d’un avion de combat dit de « sixième génération » qui surpasserait les capacités du F-35. La réalité est tout à la fois différente et plus complexe.

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SCAF : un condensé des vicissitudes européennes?

Les difficultés rencontrées ainsi que les nombreux échecs essuyés par les multiples tentatives de consolidation du marché européen de l’armement ont été au coeur d’une multitude de rapports d’étude et de travaux dans le domaine des sciences politiques et sociales. Ceux-ci ont tenté de discerner les divers facteurs, liés pour la plupart aux particularismes vivaces des nations européennes, qui ont fait échouer les diverses initiatives lancées en vue de renforcer la coopération des États de l’Union européenne en matière de production et d’acquisition de biens de défense. On ne manquera pas, du reste, de souligner les apports des théories socialesconstructivistes qui ont mis en évidence les résistances culturelles (propres aux entreprises, bureaux d’études, organisations) aux perspectives de coopération dans un secteur de production de biens, il est vrai, des plus spécifiques. Le Système de combat aérien du futur (SCAF) devait traduire la capacité de ses deux principaux partenaires, l’Allemagne et la France, à dépasser les préférences nationales pour aboutir, d’ici 2026, au lancement d’un démonstrateur technologique commun devant explorer les technologies qui équiperont le futur avion de combat européen.

Note d’analyse téléchargeable en cliquant ici.